>   Les Atlantes, La prophétie T2
Les Atlantes, La prophétie T2

Les Atlantes, La prophétie T2

13-18 ans - 136 pages, 39584 mots | 4 heures 45 minutes de lecture
© ZTL-ZéTooLu, 2024, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Les Atlantes, La prophétie T2

13-18 ans - 4 heures 45 minutes

Les Atlantes, La prophétie T2

Emprisonnée, Shilo se retrouve confrontée à des révélations bouleversantes sur ses origines. Pendant ce temps, Maëldan, séparé de son âme soeur, se rebelle. Avec l'aide d'Avel et d'Adam, ils libèrent Shilo. Tous ensemble, ils s'enfuient à Paris après avoir découvert la fin de la mystérieuse prophétie dont le Grand Conseil redoute tant l'accomplissement.

Réussiront-ils à déjouer le destin ?

"Les Atlantes, La prophétie T2" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Extrait du livre Les Atlantes, La prophétie T2

Tome 2 : Les Altantes, La prophétie de Alexine et Sandrine Fourrier aux éditions ZTL - ZéTooLu


sur lequel les prisonniers dorment et que l’on voit dans certains films. Une sensation de froid m’envahit. Je me recroqueville en position fœtale pour garder un maximum de chaleur. Ma migraine incessante me fatigue. Mes questions attendront plus tard. Il y a fort à parier que je suis là pour un moment. Quand je ferme les yeux, je m’imagine dans les bras de celui que j’aime. Je m’imagine son regard, son sourire, la douceur de sa peau et de ses gestes. Une larme solitaire glisse sur ma joue. Oh, Maëldan, vais-je un jour te revoir ? CHAPITRE 2 Maëldan Je tourne comme un lion en cage dans ma chambre depuis trois jours, me remémorant en boucle ce qu’il s’est passé après que Shilo a perdu connaissance. Je la revois allongée, comme morte, et moi impuissant à ses côtés. J’ai littéralement pris feu. Je n’ai pas réussi à contrôler l'afflux de pouvoir qui me consumait de l’intérieur. Je me suis embrasé, empêchant quiconque de s’approcher de mon âme sœur. Ma mère a continué de hurler pour que je m’éloigne du corps de Shilo, faisant redoubler ma colère et le feu qui venait de se propager autour de nous. Puis, Edana a fait ce qui me paraissait impensable. Elle a ordonné qu’on m’injecte un calmant. Comme pour Shilo, la force d’envoi et la
CHAPITRE 1 Shilo J’ai mal à la tête, les oreilles qui sifflent et je ne veux pas ouvrir les yeux. J’ai déjà l’impression d’être passée sous un camion, si en plus je dois supporter la lumière du jour, ça va être l'enfer ! C’était quoi ce cauchemar dans lequel je me prenais pour Tornade dans X Men* ? J’ai un peu froid, je cherche à tâtons ma couette pour essayer de me réchauffer. Rien. La volonté de recouvrir mon corps pour qu’il puisse être au chaud est plus forte que la douleur de mon crâne. J’ouvre donc doucement les yeux. Je ne suis pas chez moi. Les murs sont sans décoration avec une ouverture beaucoup trop haute pour que je puisse voir ce qui se trouve derrière. Je tourne mon visage et découvre des barres de lumière qui * Les X-Men : une équipe de mutants inventée par le scénariste Stan Lee et le dessinateur Jack Kirby. D'abord développé en comics, l'univers des X-Men a ensuite été adapté au cinéma. descendent du plafond. Ces faisceaux laser ressemblent aux lames de sabre qu'on voit habituellement dans les films de science-fiction. Qu’est-ce qui se passe ? Je suis prisonnière ? Je me lève rapidement, sûrement trop vite car je perds l’équilibre. Je remarque alors que mes poignets sont entravés par des bracelets. Je n’ai besoin que de quelques secondes pour comprendre de quoi il s’agit, mais surtout de ce que cela signifie. Les souvenirs des derniers jours me reviennent en mémoire. La rencontre avec Maëldan, nos recherches sur l’Atlantide pour le cours d’histoire. Puis les évènements se sont enchaînés très vite. L’aveu de Maëldan sur ses origines, le fait que moi aussi je fasse partie de ce peuple doté de dons fabuleux dignes d’un film hollywoodien. La découverte de notre lien si puissant. L’apprentissage en quelques jours à peine. Le premier rapprochement physique avec mon âme sœur. Quand les derniers flashs me parviennent, je me mets à paniquer. L’arrestation de Zéphyr, son accusation, son procès, sa révélation en tant que... mon père biologique Edana, la mère de Maëldan, qui a tenté de nous séparer, la vision destructrice qui a suivi. Une voix derrière le mur me sort de mon état de réflexion — S hilo, tu es enfin réveillée ? — Oui, rétorqué-je. — Je suis heureux de t’entendre. Malgré le bourdonnement de mes oreilles, je reconnais alors la voix de celui que je suppose être mon voisin de cellule : Zéphyr, mon père. Elle semble faible, mais son timbre est le même que pendant les cours que je suivais à ses côtés. — Zéphyr ? — Oui, mon enfant, c’est bien moi. Vu les circonstances, je pense que tu peux me tutoyer maintenant. — Que s’est-il passé ? Pourquoi m’a-t-on enfermée ? Et où est Maëldan ? Savez-vous qui j’étais ? Pourquoi m’avoir abandonnée ? Et qui est ma mère ? Je suis interrompue par Zéphyr. — Calme-toi ! Je n’ai malheureusement pas toutes les explications à tes questions. Mais je te promets de répondre au mieux
Je m’installe alors sur mon lit de fortune, tentant de stopper les larmes sur mes joues. Dos au mur d’où provient la voix de mon père... Mon père ! Qui aurait cru que je puisse rencontrer mon géniteur, avoir l’occasion de trouver mes racines, mes origines ? D’autant plus que ça fait d’Avel mon demi-frère ! J’ai bien une famille biologique, une vraie, avec des anecdotes, des souvenirs et une histoire. Malgré tout, j'ai une pensée douloureuse pour ma famille adoptive. Les cookies de ma mère me manquent. Même la pensée de mon père feuilletant son journal le matin me rend nostalgique. Aussi, je m’applique à respirer doucement en attendant que Zéphyr veuille bien combler les trous de mon histoire. — Par quoi veux-tu que je commence ? m’interroge-t-il. La première réponse qui me vient en tête est « tout ! je veux tout savoir ! », mais je ne sais pas combien de temps nous avons pour discuter avant que quelqu'un fasse irruption. Je fais le tri dans mes questions qu ne cessent de tourner en boucle et cherche celles pour lesquelles j’ai besoin d’avoir des réponses dès maintenant. — Sais-tu où est Maëldan ? Est-il libre ou dans une cellule proche de nous ? Et pourquoi m’avoir enfermée ? J’entends le lit d’à côté grincer. J’imagine que Zéphyr s’assoit sûrement dans la même position que moi. — Je suppose que Maëldan a été consigné chez lui par sa mère. Elle n’aurait pas pris le risque de le placer avec nous, et encore moins de l’éloigner de l’Atlantide. Et si tu es en prison, c’est que tu leur fais peur, Shilo. — Mais pourquoi ? Je n’ai rien divulgué, je me suis pliée à toutes vos règles ! Il y a à peine un mois, je ne connaissais même pas votre existence... — La prophétie ! me coupe Zéphyr. Je n’ai pas le temps de réclamer d’autres explications que la porte s’ouvre sur Avel. Il ne semble pas m’avoir remarquée et s’avance au cœur de l’établissement pénitentiaire de l'Atlantide, jusqu’à la cellule où est enfermé son père. — Papa! lance Avel. — Ils t’ont laissé entrer ? s’étonne celui-ci.
— Ça fait trois jours, ils n’avaient plus le choix. Comment ça, trois jours ? J’aimerais leur poser la question, mais je ne souhaite pas vraiment interrompre leurs retrouvailles. — Tu es donc venu, dit le Grand Maître. Comment va ta mère ? Avel fronce les sourcils. — Comment penses-tu qu’elle puisse aller ? Elle est complètement dévastée ! rétorque-t-il en colère. Tu l’as trompée, et elle l’a appris devant toute notre communauté. Comment as-tu pu imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, que ton infidélité ne serait jamais découverte ? Et pire encore, tu as engendré un enfant illégitime. — C’est plus compliqué que tu ne le penses. — Et tu crois que cette explication va lui suffire ? Va me suffire ? J’ai une demi-sœur, merde ! s’emporte Avel. Je ne peux pas les laisser se déchirer. Je me racle la gorge pour indiquer ma présence. — Shilo ? chuchote Avel en s’approchant de ma cellule. — Je suis là, je réponds timidement. — Tu vas bien ? — J’ai mal à la tête et j'ai l'impression d’être à moitié sourde, mais ça peut aller. J’ai cru comprendre que cela faisait déjà trois jours que nous étions là ? — Oui, tu ne t’en es pas rendu compte ? me demande-t-il. — Elle vient seulement de se réveiller, annonce Zéphyr de l’autre côté de la paroi. — Quoi ? s’exclame Avel. Elle a dormi pendant tout ce temps ? Ce n’est pas possible ! — C’est pourtant la vérité, continue Zéphyr. Habituellement, Avel m’aurait sûrement comparée à la Belle au bois dormant* ou Blanche Neige**. Remarque, connaît-il seulement les dessins animés classiques de * La Belle au bois dormant : princesse du conte éponyme. Les versions de Charles Perrault et des frères Grimm sont les plus connues. Elle fera aussi l'objet d'une adaptation animée produite par Walt Disney en 1959. ** Blanche Neige : princesse du conte allemand Blanche Neige et les sept nains . La version écrite la plus ancienne est celle des frères Grimm. Cette histoire est adaptée notamment en long-métrage animé, produit par Walt Disney en 1937.
mon enfance ? m'égarai-je une nouvelle fois en pensée, me ramenant à l’époque de mon insouciance... sur Terre. L’absence de bruit me perturbe. Il ne dit rien. Après quelques minutes de silence gênant, je dois savoir ! — Comment va Maëldan ? A vel promène la main dans ses cheveux, puis accroche mon regard au sien. Je vois qu’il hésite à me répondre, alors j’insiste : — Avel, s’il te plaît, dis-moi ce qui se passe. Mon nouveau demi-frère souffle avant de prendre la parole. — Quand tu t’es évanouie, Maëldan est devenu fou. Sa mère a ordonné de lui administrer un calmant. Je hoquette de stupéfaction. Ils l’ont drogué ! — Hé ! m’interpelle Avel. Il va bien, ne t’en fais pas. — Pourquoi n’est-il pas venu me voir ? — Edana lui a interdit de t’approcher pour l’instant. — Mais..., commencé-je — J e ne peux pas t’en dire plus pour le moment. Mon temps de visite arrive à son terme. Je vais aller le trouver pour le prévenir que tu vas bien. J’acquiesce d’un simple hochement de tête. Avel me lance un sourire tendre. Puis ses yeux se font sérieux et durs au moment de pivoter vers notre père. — Papa, prends soin de ta fille maintenant, puisque tu as été incapable de le faire jusqu’à aujourd’hui. S ans un mot de plus, Avel se tourne et rebrousse chemin vers la porte au fond du couloir. Lorsque celle-ci est refermée, la voix de Zéphyr brise à nouveau le silence. — Je suis désolé. Je n’ai pas la force de répondre. De toute façon, ça ne changerait rien. Le passé est derrière moi, mon présent est confus et mon avenir est incertain. Je n'ai aucune emprise sur ce que le Grand Conseil a prévu pour moi. J’ai l’impression d’avoir vécu mille vies en quelques jours. Je ne sais plus quoi penser, et mon mal de tête ne cesse de croître. Je me couche sur ma banquette. Il s’agit d’un simple matelas sur un sommier à ressorts étranges. Au moins, c’est plus confortable que le béton.
matière de l’aiguille ont pu aisément passer au travers de mon barrage naturel. En moins de trente secondes, je ressentais la piqûre d’une fléchette dans mon cou, mon feu s’éteignait et je m'écroulais au sol. Lorsque je suis revenu à moi, j’étais dans ma chambre. Depuis, ma mère refuse que je sorte de la maison de peur que j’aille retrouver Shilo. Elle ne m’a pas fait enfermer en prison, mais c’est tout comme. Ne pas savoir comment mon âme sœur va, ne pas la voir, la toucher me consume de l’intérieur. L’intercom de la maison sonne, mais je ne bouge pas. De toute façon, Edana est également restée ici. Elle gère les dossiers du Grand Conseil à distance. Elle dit qu’elle veut prendre soin de moi. Personnellement, je pense que ma mère me surveille et elle a raison. À la première occasion, je sortirai de cette maison de malheur et j’irai forcer les portes de la prison s’il le faut. Le temps légal de « confrontation avec soi-même » vient d’arriver à échéance. Nous avons donc légalement l’autorisation de demander une audience pour rendre visite aux prisonniers. Je suis interrompu dans mes pensées par la porte de ma chambre qui s’ouvre. Ma mère entre, suivie de mon pote Avel. — Maëldan, mon chéri, tu as de la visite. Sans un mot de plus, elle referme la porte et me laisse avec mon ami. Je place mon doigt sur ma bouche, lui faisant signe de ne rien dire pour l’instant. D’un pas déterminé, je me dirige vers le boîtier à côté du panneau de bois afin d’activer le brouilleur de ma chambre pour que personne ne puisse entendre ce qui s’y passe. Je l’invite alors à me rejoindre sur mon lit. Celui dans lequel Shilo dormait il y a encore trois jours, celui qui porte toujours son parfum. — Tu as réussi à obtenir l’autorisation auprès du dragon pour me rendre visite ? L’air sérieux d’Avel me dissuade de continuer sur un ton ironique. — J’ai prétexté avoir été missionné pour t’apporter les devoirs, vu qu’elle t’empêche d’aller en cours, avoue-t-il
en me confiant une pile de documents qu’il avait dans son sac à dos. — D’accord, et sinon ? — Je reviens de la prison où j’ai vu mon père. Un nœud se forme dans ma gorge. Je ne peux que lui faire un léger signe de tête pour qu’il continue. — Je l’ai vue. Elle est dans la cellule à côté de celle de Zéphyr. — Comment va-t-elle ? demandé-je timidement, ayant peur de la réponse. Avel souffle et se passe la main dans ses cheveux, signe qu’il est tendu. — Elle vient tout juste de se réveiller. — Quoi ? Mais c’est impossible ! Ça fait trois jours, ma mère m’a promis qu’ils ne l’avaient pas droguée. Elle aurait dû être sur pied depuis longtemps. Le fait que personne ne se soit inquiété du sort de Shilo me met de nouveau en colère. Alors, je respire pour me calmer car perdre le contrôle ne m'apporterait rien de bon. — Maëldan, elle avait encore les bracelets de restriction. L es bracelets de restriction sont ceux qu’elle avait lorsque le Grand Conseil l’a autorisée à retourner sur Terre. Ils sont en fer et cuir, et l’empêchent de se connecter à son pouvoir. Chaque personne réagit différemment au contact de cette technologie. Le plus grave étant que, portés plus de vingt-quatre heures, ils peuvent avoir des effets très dangereux. Un ultrason est émis, déclenchant, selon les individus, des pertes de connaissances, des vomissements et d’autres joyeusetés pouvant entraîner la mort. — Tu dois te tromper. Elle devait avoir des anneaux d’interception comme pour les prisonniers. Je ne peux pas concevoir que ma mère ait laissé Shilo avec quelque chose qui pourrait la tuer. — Non. Mon père a les anneaux d’interception, Shilo a toujours les bracelets de restriction.
— Raconte-moi tout. — Mon temps était limité, je peux juste te dire qu’elle est très fatiguée, mais les premiers mots qu’elle m’a dits étaient pour toi. Un étrange silence s’installe et l’urgence de la situation me frappe en plein cœur. Elle est en danger. Ils ont vu qu’elle détenait un pouvoir disparu et qu’elle n’était pas une « simple » Atlante. Je ne veux pas qu’elle finisse en rat de laboratoire, enfermée, étudiée et surveillée par nos scientifiques. Ils vont résumer sa vie en un mystère à résoudre... et ça, je m’y refuse ! Il n’y a pas trente-six solutions. — Avel, il faut qu’on la sorte de là. Mon pote acquiesce d’un signe de tête, me prouvant une fois de plus son amitié. — Shilo est mon amie, peut-être même de ma famille. Je ferais n’importe quoi pour qu’elle soit en sécurité. Mais pour ça, il faudra que tu me racontes tout plus tard, ajoute-t-il en m’indiquant que le brouilleur est actif depuis trop longtemps. Je te promets que nous allons l’aider à s’échapper. Je n’ai pas le temps de le remercier que ma mère fait irruption, l’air mécontent. — Maëldan, puis-je savoir pourquoi tu as activé ton brouilleur ? Je redresse alors les épaules pour lui répondre en la regardant droit dans les yeux. — Parce que ce que je raconte à Avel est d’ordre privé. — Mon chéri, tu sais que ni ton père ni moi n’écoutons aux portes. Malgré moi, un rictus mauvais fait son apparition au coin de mes lèvres. — Ah bon ? Alors pourquoi cela t’embête-t-il que mon brouilleur soit activé ? Edana perd de son assurance quelques instants avant de congédier mon ami.
À table, l'ambiance est tendue, mais je ne peux plus m’empêcher de parler. — Maman, pourquoi Shilo a-t-elle encore des bracelets de restriction ? Ma mère lâche sa fourchette comme si elle l’avait brûlée. — Qu’est-ce que tu racontes mon garçon ? s’étonne mon père. Elle doit avoir les anneaux maintenant. Je me tourne alors vers mon paternel et lui réponds d’une voix assurée : — Non, ses bracelets sont toujours en place et vu ce que m’a raconté Avel, elle ne va pas les supporter encore longtemps. Néréo regarde sa femme et c’est bien la première fois que je décèle une tension entre eux deux. Edana n’aurait-elle rien dit à mon père ? — Chérie, pourrais-tu rassurer notre fils sur l’état de sa petite amie ? Ma mère nous regarde l’un après l’autre. — Néréo, tu sais parfaitement qu'il doit rester éloigné de Shilo. Surtout maintenant qu’ils ont..., dit-elle gênée. Mon père l’invite à poursuivre ses explications, mais voyant qu’elle ne souhaite pas continuer sa phrase, il insiste. — Non, je ne sais pas ! Et surtout, je ne te comprends pas ! Shilo a vécu ici plusieurs jours. C’est même toi qui t’es portée garante pour elle. Tu as incité notre fils à être proche d’elle et il a fini par en tomber amoureux. Mieux encore, il a trouvé son âme sœur et tu voudrais les séparer ? insiste mon père en montrant la tache qui s’est formée sur mon bras après notre première fois. C’est là que je percute ce qu’il vient de dire. — Âme sœur ? Comment es-tu au courant ? Mon père me regarde les yeux brillants d’envie. — L a tache que Shilo et toi avez sur le bras est un symbole ancien indiquant les âmes qui se complètent.
C’est une marque très rare à respecter et dont il faut prendre le sens très au sérieux. — Et c’est pour ça que Maëldan ne l’approchera pas, s’emporte ma mère. — Maman, c’est parfaitement ridicule ! I l faut que je la voie. Je suis inquiet. Avel a vu son père aujourd’hui et Shilo ne va pas bien. Je voudrais te faire confiance, mais j’ai besoin de le constater par moi-même pour me rassurer. Si Papa était en prison ou à l'hôpital, ne souhaiterais-tu pas être auprès de celui que tu aimes ? Est-ce que tu peux au moins me faire cette faveur ? Je l’aime plus que tout ! Sans un mot de plus, Edana se lève de table et proclame que nous en reparlerons plus tard. De mon côté, je bous intérieurement. Le lendemain matin, ma mère m’annonce qu’elle m’autorise à aller voir Shilo. Un sourire naît sur mon visage, mais il disparaît lorsqu’elle complète sa phrase. — Mais je resterai avec toi pendant ta visite. Je sais que c’est mieux que rien et qu’à la moindre tentative de rébellion, elle me privera de cette opportunité. Alors je la remercie et file me préparer, le cœur battant un peu plus vite sachant que je vais enfin la revoir.