>   Mes rêves au galop - saison 2
Mes rêves au galop - saison 2

Mes rêves au galop - saison 2

9-12 ans - 100 pages, 31260 mots | 3 heures 45 minutes de lecture
© Utopique, 2026, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Mes rêves au galop - saison 2

9-12 ans - 3 heures 45 minutes

Mes rêves au galop - saison 2

Sébastien et sa famille ont déménagé en Corrèze. Depuis, lui et Inès ne se quittent plus, au collège comme au centre équestre. Inès en oublie un peu Sasha, sa meilleure amie. Celle-ci, se sentant abandonnée, se console auprès de Mila, cette nouvelle arrivée très populaire dans sa classe. Sasha s’adonne avec passion à la création de vêtements originaux, et la belle Mila devient son modèle. Hélas, cette amitié vire assez rapidement au cauchemar, et Sasha se retrouve harcelée par celle qui tout d’abord l’encensait. Elle s’enfonce peu à peu dans une solitude qui l’enferme, jusqu’à tenter de se suicider. Alors qu’elle se retrouve hospitalisée et dans le coma, Inès et Sébastien font le maximum pour comprendre ce qui a poussé leur amie à ce geste de désespoir. Ils mènent l’enquête, jusqu’à découvrir qui se cache derrière le harcèlement que Sasha a subi.

Retrouvez le premier tome ici : Mes rêves au grand galop - saison 1.

"Mes rêves au galop - saison 2" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
Dans la même collection : Voir plus
Autres livres écrits par Didier Jean : Voir plus
Autres livres écrits par Zad : Voir plus
Autres livres illustrés par JingfengArt : Voir plus

Extrait du livre Mes rêves au galop - saison 2

Mes rêves au grand galop - saison 2 de DIdier Jean et Zad aux éditions Utopique


Mes rêves au grand galop - saison 2
INÈS 1 Un coup d’œil par la fenêtre. Il pleut des cordes ! – Maman ! S’il te plaît, tu peux m’accompagner au centre équestre ? – OK, ma chérie, mais dépêche-toi ! J’ai ma répétition avec le jazz-band, et je ne suis pas en avance. – Oublie pas ton saxophone ! L’autre fois, tu l’avais laissé dans le salon... – Pourquoi tu crois que je fais des listes ? Et nous voilà parties ! Heureusement que j’y vais en voiture. Quand il fait sec, je peux m’y rendre seule en fauteuil roulant. Mais par ce temps, c’est nettement moins sympa, la balade ! Au moment où ma mère se gare sur le parking, je reçois un message de mon amie : "Sasha On peut se voir, cet aprèm ? Inès DSL. Suis au centre équestre. RDV avec Seb."
Celui-ci m’attend justement devant le box de Bird. Depuis que Sébastien et sa famille ont posé leurs valises près de chez nous, je dois reconnaître que ma vie a bien changé. Je me sens à l’aise avec lui, il me soutient, et en plus il est beau gosse. Quand je repense à notre première rencontre... Il me sortait par les yeux ! Son air blasé du mec qui se la joue me faisait dresser les cheveux sur la tête, comme si j’avais mis les doigts dans la prise. C’est un peu grâce à Bird si l’on s’est rapprochés. Bird, mon adorable cheval avec qui j’ai tant de souvenirs. Bird, grâce à qui Seb et moi avons enfin trouvé une passion à partager. Maintenant qu’on est aussi mordus l’un que l’autre, on se retrouve souvent au centre équestre. Il est plutôt doué, pour un débutant. Il a un vrai feeling avec les chevaux. Surtout, il aime lui aussi les soigner, les observer, les bichonner... Et même nettoyer les box ne lui fait pas peur ! En bonus, mes parents me lâchent un peu la bride – c’est le cas de le dire –, rassurés par la présence de Sébastien à mes côtés. Je les sens moins stressés par mon handicap, me sachant accompagnée. Jusqu’ici, je n’avais jamais eu de complice avec qui échanger à propos de mon petit faible – euphémisme – pour l’équitation. Vous noterez que j’en profite pour glisser une figure de style, histoire d’appliquer dans la pratique mes cours de français. Car oui, c’est ma deuxième passion. Quand je ne suis pas à cheval, je lis. Et quand je ne lis pas, j’écris ! Ça me fait tellement de bien de déposer sur le papier tout ce que je ressens, comme une libération ! J’ai commencé un journal intime après le drame, lorsque j’étais à l’hôpital, à me reconstruire. Jour après jour, j’écrivais tout ce qui me passait par la tête : mes colères, mes espoirs, mes questions... et puis l’accident que je revivais en boucle. La voiture qui me percutait alors que je rentrais chez moi à vélo. Heureusement, à d’autres moments, l’espoir renaissait, et j’imaginais l’instant où je reprendrais le cours de ma vie. Mais tout ça, c’est du passé. Revenons à Bird ! Vous vous rappelez sûrement qu’il n’est plus à moi. Mes parents l’ont vendu quand je me suis retrouvée en fauteuil roulant. Mais Hubert de Tayac, le responsable du centre, qui l’a racheté, m’aime beaucoup et me le réserve le plus souvent possible. – Coucou, ma belle, me glisse Seb en m’embrassant.
Bird t’attend, évidemment. Moi, je monte Princesse. Pour gagner du temps, je suis passé à la sellerie récupérer tout le nécessaire. – Ça, c’est cool ! T’es trop chou ! – Heureusement qu’on est au sec, avec ce qui tombe ! Princesse, à la jolie robe baie, attend gentiment devant son box. Seb l’a déjà sellée. Nous sortons Bird pour le préparer. Tandis que mon ami lui brosse le dos, je me charge de son ventre. Puis le cheval me facilite les choses en se penchant vers moi pour que je lui passe le licol et la longe. – Tiens, Seb, tant que j’y pense, j’ai apporté des biscuits. Il y en a aussi pour ta jument. Tu lui donneras à la fin de la séance. Sébastien n’a plus besoin de mes conseils pour installer le tapis, l’amortisseur, ma selle adaptée et le filet. Cette selle, que j’ai eue en cadeau l’année dernière, m’a permis de reprendre l’équitation, malgré mes jambes devenues inertes. Je l’adore ! Pendant que mon ami s’active, je caresse « mon » cheval sur l’encolure, sous l’œil puis le museau. Il souffle et mâchouille, signe qu’il apprécie mes gratouillis. Il faudra que je caresse le bout du nez de Seb pour voir s’il aime ça, lui aussi. – Arrête, Bird ! Petit gourmand ! Profitant de mon inattention, il a fouillé dans mes poches à la recherche d’une friandise. Il a dû sentir l’odeur de mes gâteaux faits maison. Aujourd’hui, c’est François, le moniteur, qui nous dispense le cours. Seb est parti le chercher pour qu’ensemble ils m’aident à monter en selle. Même si c’est pénible pour moi de toujours dépendre de quelqu’un, il faut que je me fasse une raison, car j’aurai toute ma vie besoin d’assistance pour monter et descendre de cheval. Ou alors, il faudra que je dise adieu à cette passion, ce dont, bien sûr, il n’est pas question ! La pluie s’est enfin calmée, et nous pouvons entamer l’entraînement dans la carrière. Le sol est un peu lourd. Encore une fois, il faut s’adapter. Au terrain comme à l’animal. C’est cette harmonie que je recherche en pratiquant l’équitation, et que je trouve bien souvent avec Bird. François nous propose de commencer par quelques tours au pas, une marche tranquille, histoire de s’échauffer. Puis nous passons au trot. Je me souviens qu’à ses débuts, Seb avait un peu de mal à choper ce rythme très particulier. Il tapait à contretemps. Maintenant, il s’accorde bien au tempo de sa monture.
Il entre dans le mouvement, naturellement. – On enchaîne avec des exercices un peu plus techniques, nous lance François. Il a placé au sol des plots que nous devons contourner en serpentant selon un schéma imposé. Enfin, nous terminons par quelques tours au galop. J’ai beaucoup de plaisir à pratiquer cette allure avec Bird. Je sens ses muscles tendus, son énergie rayonnante, ce moment où nous ne formons plus qu’un. Par association d’idées, je repense à Sasha, ma meilleure amie, et à son message. Il faut que je l’appelle. J’aurais aimé partager avec elle cette passion. J’ai bien essayé de l’entraîner et, pour me faire plaisir, elle a accepté de s’aventurer un jour au centre équestre, même si ce n’était pas son truc. Hélas, l’expérience s’est avérée assez désastreuse. Après ça, elle n’a plus jamais voulu remonter à cheval... Je vous raconterai peut-être ça, un jour. La séance terminée, nous retournons tranquillement à l’écurie. C’est un des moments que je préfère, lorsque je me laisse glisser dans les bras de Seb qui, après un câlin, me dépose doucement dans mon fauteuil. Une fois les chevaux débarrassés de leur harnachement, une fois les sabots nettoyés, nous leur distribuons les biscuits que j’ai préparés, à base d’avoine, de pommes, de carottes et de miel. Peut-être bien que pour eux, c’est ça, leur moment préféré...
SÉBASTIEN 2 Ce soir, c’est mon père qui, théoriquement, vient me chercher au collège. J’espère qu’il n’a pas oublié, parce qu’il ne reste plus que moi sur l’esplanade devant le bahut. Tout le monde est parti, y compris les cars de ramassage... Ah, enfin, le voilà ! – Désolé, fiston, j’avais de la chaux à écarter, je voulais pas « gâcher », hahaha ! Pour ceux qui n’y connaissent rien, quand on gâche de la chaux ou du béton, c’est qu’on les prépare, en les délayant avec de l’eau. Je précise que mon père adore les jeux de mots tirés par les cheveux. C’est Raoul, le père d’Inès, qui l’a contaminé. – Je commençais à flipper, Papa ! Tu répondais pas à mes messages. – Tu sais bien que je regarde pas quand je conduis. – J’espère que tu regardes la route, au moins ! Mince, je m’y mets, moi aussi. C’est contagieux, les blagues nulles. Une fois qu’elle est sortie de la ville, la route serpente dans la forêt. La lumière du soir filtre à travers les feuilles aux couleurs d’automne. Je ne me lasse pas de cette beauté !... Comme s’il lisait dans mes pensées, mon père s’extasie devant la splendeur de cette nature qui nous environne : – Ça nous change des grandes cités de la région parisienne, hein, fiston ! J’ai vraiment aucun regret d’avoir quitté la mégapole, conclut-il sans attendre ma réponse. – Parle pour toi ! Pour moi, c’est pas si simple... Premièrement, je connais personne ! – Comment ça ? Et Inès ? Et Sasha ? – Oui, bien sûr, elles sont cool ! Mais à part Inès, dans ma classe, je suis pas vraiment bien accueilli. – Ah bon ? Raconte ! – Certains se moquent de mon look et de mon accent. Ils me traitent de Parisien et, quand j’essaie de discuter avec eux, ils me disent que je peux pas comprendre, je suis pas d’ici... Je regrette vraiment les potes de mon ancien collège ! – Quand même, ici, tu as découvert l’équitation !
Tu as une belle relation avec Inès... – Heureusement qu’elle est là ! Parce que la vie à la campagne, au quotidien, c’est un peu lourd. Avant, j’étais libre d’aller où je voulais, quand je voulais, par mes propres moyens. Maintenant, vous devez m’accompagner, toi ou Maman, à chacun de mes déplacements. – Bon ! Je vois que t’as pas le moral. Et quand t’as pas le moral, faut que tu râles. Mais au fond, je sais qu’ici tu vas t’épanouir. Il faut juste laisser du temps au temps. Et puis, tu verras, quand les travaux seront terminés chez nous, ce sera plus confortable. – C’est sûr, ce sera plus détendu pour tout le monde. Et en particulier pour Maman, qui commence à craquer... – Je sais que ce n’est pas facile de vivre dans un chantier. Pour m’y consacrer à plein temps, afin de terminer la maison au plus vite, j’ai dû mettre de côté mon travail d’illustrateur. Alors, crois-moi, je suis pressé d’en venir à bout ! Soudain, mon père s’interrompt. Il pile et se gare fissa sur le bas-côté. – Regarde, fiston ! Éclairé par les derniers rayons du soleil, un énorme cèpe nous attend à l’orée du bois. Papa bondit, comme si le champignon risquait de se sauver. Il le cueille avec son couteau de poche, en veillant à laisser en terre le mycélium, à la base du pied, puis l’époussette délicatement ainsi que le lui a appris Michel, le voisin de Raoul et Fleur. Comme un cèpe ne sort jamais tout seul, nous pénétrons dans le sous-bois, à pas de loup, l’œil aux aguets, à la recherche d’autres champignons. Mon père est plus agile que moi à ce jeu-là, et bientôt trois autres spécimens viennent s’ajouter à notre cueillette. – De quoi faire une belle omelette ! je suggère avec gourmandise. – Je ne suis pas sûr qu’on ait des œufs, mais on va passer chez Michel voir si ses poules ont bien pondu, conclut mon père, avant de s’extasier. Oh, regarde cette lumière ! Ce soleil couchant qui perce là-bas, à travers la forêt de hêtres ! J’adore ces couleurs, ça me donne envie de reprendre mes pinceaux ! Je m’approche d’une branche pour observer ses feuilles de plus près. – Ah non, Papa ! Ce sont des charmes ! – Bah, tu as vu l’écorce ? C’est bien celle d’un hêtre ! – Désolé de te contredire, mon papa chéri, mais le Charme d’Adam, c’est d’Hêtre à poil...
Devant son air intrigué, j’explique : – Effectivement, ces deux arbres se ressemblent beaucoup. Mais les feuilles du charme ont des dents, alors que celles du hêtre ont des poils. C’est Raoul qui m’a appris cette phrase mnémotechnique. – Sacré Raoul ! Encore une belle rencontre ! Bon, on rentre ? me lance mon père en brandissant fièrement ses quatre champignons. J’avoue, j’aime bien râler, et je ne suis jamais le dernier à pointer au bureau des pleurs. Pourtant, je dois reconnaître qu’ici j’apprécie la nature si généreuse. Et j’ai découvert beaucoup de choses. Surtout grâce à Raoul, the Professor, qui transmet généreusement ses connaissances. Et puis, il y a Inès !... Ce que j’aime chez elle, c’est sa fraîcheur, sa sincérité. Elle ne cherche pas à séduire à tout prix. Elle ne se rend même pas compte de sa beauté. C’est ce qui la rend encore plus irrésistible. J’ai vraiment de la chance d’être dans sa classe. Fleur, sa mère, prof dans notre collège, a demandé à la principale que nous soyons ensemble, pour « faciliter mon intégration ». Le piston, ça a du bon ! Tandis qu’on roule en suivant le cours sinueux de la Franche-Valeine, je laisse mon esprit divaguer. Mes pensées revisitent la journée passée au collège et soudain le visage de Mila apparaît en transparence sur le bitume. Cette fille est dans la classe de Sasha, et on se croise souvent dans la cour ou les couloirs. Même si elle est nouvelle, elle est déjà très populaire, contrairement à moi qui peine à me faire des amis. Tout le monde a envie d’être son pote. Son enthousiasme est communicatif. Je ne sais pas pourquoi je pense à elle. Bien sûr, elle est très jolie, mais il y a autre chose... Elle m’intrigue. Le fait qu'elle vienne de la ville, comme moi, nous rapproche un peu. Je sais aussi qu’elle pratique l’équitation, car je l’ai déjà aperçue au centre équestre. Elle est très élégante, à cheval, ce qui, d’ailleurs, agace profondément Inès...