Extrait du livre Sila, le raccommodeur de banquise
Sila, le raccommodeur de banquise. De Gaëtan Serra et Justine Vergès, Editions Dadoclem
Sur son continent blanc, Sila avait beaucoup de travail. Son métier consistait à réparer les failles. La banquise en avait bien besoin, Car elle craquait dans tous les coins. Ainsi, il jouait un peu le rôle de médecin.
C'était un travail vraiment très dur, car la banquise avait de nombreuses blessures. Mais plutôt que de s'occuper des raisons, Tout le monde le laissait se débattre seul avec les poissons.
La glace fondait un peu plus chaque matin, Et la Terre couverte d'eau devenait un grand bain. La banquise n'avait que Sila comme gardien, Qui voyait ce changement, inquiet et chagrin. Alors, sans cesse, il la raccommodait : c'était pour son bien, Celui de ses petits et celui des pingouins.
Une aiguille et un peu de fil, Pendant un temps, pour soulager, c'est facile. Mais il y a un moment où les fissures Sont trop importantes pour des points de suture.
Arriva le jour où la glace craqua tellement Qu'elle se cassa en deux fragments, Puis trois, puis dix, puis cent. Le territoire qui était le sien Se réduisit comme peau de chagrin, Et ne pouvant plus apporter aucun soin, Il se retrouva isolé dans un coin.
























