Extrait du livre Histoire de voyager
Histoire de voyager d'Ingrid Thobois et Barroux aux éditions Kilowatt
Histoire de voyager
Voyager, c’est choisir d’aller à la rencontre de l’inconnu, découvrir le monde, proche ou lointain. On explore de nouveaux horizons, on apprend, on rencontre des gens. Ça permet de se rendre compte à quel point, entre ici et là-bas, tout est à la fois très différent et très semblable. Parfois, ça aide à mieux comprendre, à être plus tolérant. Ensuite, on rentre chez soi la tête pleine de couleurs.
Il y a trois millions d’années, les hommes préhistoriques se déplaçaient sans arrêt pour se nourrir. Ils parcouraient d’immenses distances à la recherche d’animaux à chasser et de baies à cueillir. Peu à peu, ils se sont mis à cultiver la terre, donc à moins bouger. Ils ont alors troqué ce qu’ils avaient contre ce qu’ils n’avaient pas : richesses contre richesses, c’est le début du commerce. Ensuite, pour vendre et acheter encore plus de marchandises, les hommes ont recommencé à se déplacer : d’abord à proximité puis de plus en plus loin de leurs habitations.
Il y a environ 4000 ans, les Phéniciens ont exploré de fond en comble la Méditerranée, la mer Egée, la mer Noire, l’océan Atlantique et leurs pourtours. Ce peuple de navigateurs n’avait pas froid aux yeux ! Ce sont les premiers hommes à avoir osé s’éloigner des côtes. Les Phéniciens exportaient du bois de cèdre, des tissus de lin, des outils en étain, de la faïence, du vin, du sel ou encore du poisson séché. En échange, ils importaient du papyrus, de l’ivoire, de l’ébène, de la soie, des chevaux, du cuivre, de l’or, de l’argent, ou encore des pierres précieuses. Un peu partout, les Phéniciens établissaient des comptoirs, sortes de grands marchés où ils vendaient et achetaient toutes ces précieuses marchandises.
Au cours des siècles, pour faciliter ces échanges commerciaux, les hommes ont tracé de nombreuses routes, plus longues et périlleuses les unes que les autres, infestées de pirates et de bandits. Elles reliaient des villes où les marchands pouvaient se rencontrer, échanger, se reposer et s’approvisionner. Une des plus anciennes routes est celle de l’encens. Elle partait du Yémen et rejoignait la mer Méditerranée. On l’empruntait il y a plus de 2000 ans pour acheminer la myrrhe et l’encens.
La route de la soie, longue de 7000 kilomètres, a ensuite été ouverte par les Chinois. Elle partait de Chine et rejoignait l’Italie en passant par Samarcande en Ouzbékistan, Bâmiyân en Afghanistan, Ispahan en Iran, Babylone en Irak, ou encore Constantinople en Turquie – aujourd’hui Istanbul. La soie était une des marchandises les plus précieuses. D’ailleurs, les Chinois gardaient jalousement son secret de fabrication !
Aujourd’hui encore, la route du sel traverse le nord du Sahara. Les « Azalaï » sont de longues caravanes de plusieurs centaines de dromadaires. Elles parcourent près de 1000 kilomètres à travers le désert pour aller chercher le sel au nord du Mali. Ensuite, elles couvrent encore autant de kilomètres pour vendre ce sel à Tombouctou ou dans d’autres villes du Sahel. Agadez, au nord du Niger, continue d’être un important lieu d’échanges et de commerce.
Ces voyages de commerce ont poussé les hommes à explorer la Terre, toujours plus loin. Du XVème au XVIIème siècles, c’est l’Âge des Grandes Découvertes. Les pays les plus riches se lancent à la conquête de nouveaux territoires et cherchent des routes maritimes qui faciliteront les échanges.

























