Extrait du livre Une trace dans la nuit
Une trace dans la nuit de Catherine Cuenca aux éditions Talents hauts
Ce roman est fondé sur les témoignages de Violette Lecoq (1912-2003), Louise Le Porz (1914-2013) et Jacqueline Héreil (1913-1998), toutes trois détenues au camp de Ravensbrück lors de la Seconde Guerre mondiale. Au cours de sa détention, Violette Lecoq a réalisé 36 dessins témoignant des conditions dans lesquelles elle et ses codétenues vivaient. Ses dessins ont servi de preuves lors du procès des responsables du camp qui a eu lieu à Hambourg en 1946. En 1948, dans le but de sensibiliser le public à la réalité du système concentrationnaire nazi, Violette Lecoq a autopublié un recueil de ses dessins. En dehors de cette publication, ils n’avaient jamais été reproduits dans un livre.Les légendes indiquées dans le roman sont de Violette Lecoq qui, après avoir légendé ses dessins une première fois au moment de leur réalisation, les a parfois renommés lors de la publication de son recueil.
« Si j’ai survécu, je le dois d’abord et à coup sûr au hasard, ensuite à la colère, à la volonté de dévoiler ces crimes et, enfin, à une coalition de l’amitié, car j’avais perdu le désir viscéral de vivre. » Germaine Tillion, Ravensbrück, 1946
Violette Paris, octobre 1943 La locomotive cracha un long jet de vapeur. Le départ du train était imminent. Le pressentiment qui l’avait assaillie au moment de monter dans le wagon se mua en certitude : ce voyage serait sans retour. Tout à coup, Violette Lecoq ressentit son environnement avec une grande acuité. Le soleil qui brillait derrière l’unique fenêtre du wagon, le souffle d’air froid qui traversait le mince rectangle grillagé, les odeurs de cigarette et de charbon, les pas des sentinelles allemandes sur le quai invisible. Elle tenta de s’accrocher à ces bribes de vie, comme si elles avaient le pouvoir de la sauver. D’effacer ce wagon à bestiaux en partance pour une destination inconnue et les quarante et une autres femmes qui
partageaient son sort, entassées dans cet espace sombre et puant. Muettes, plongées dans leurs pensées, déjà dans le deuil de leur vie. Elles avaient toutes travaillé pour la Résistance, à des degrés divers, avant d’être arrêtées suite à une dénonciation ou un coup de filet de la Gestapo. Leurs traits tirés, leurs joues creuses trahissaient une longue captivité. Elles avaient été torturées, condamnées à mort et ballottées d’une prison à l’autre, dans l’attente de leur exécution. Elles avaient toutes compris, peut-être bien avant Violette, que ce train les conduirait dans un lieu dont elles ne reviendraient pas. Arrêtée en août 1942, Violette avait été incarcérée à la prison de Fresnes, puis transférée au fort de Romainville. Lorsqu’on l’avait fait monter dans un camion, de bonne heure ce matin-là, elle ne s’était pas attendue à échouer à la gare de marchandises de Pantin. Elle était devenue du bétail destiné à un abattoir lointain. Cette idée lui arracha un sourire ironique. Par le passé, elle s’était imaginé sa mort de tant de façons : avant la guerre, adolescente insouciante, elle pensait s’éteindre dans son sommeil, à un âge très avancé ; trois ans plus tôt, infirmière engagée auprès de la Croix-Rouge, elle s’était vue plus d’une fois périr dans un bombardement alors qu’elle suivait l’armée française en déroute ; après son arrestation, elle était convaincue d’être fusillée. N’avait-elle pas écopé de la peine capitale pour avoir rejoint un réseau de résistance ? Elle n’aurait jamais pensé qu’on aurait besoin de la déporter pour lui mettre une balle dans la tête. Son regard croisa celui de sa plus proche voisine. Âgée comme elle d’une trentaine d’années, cette dernière arborait des cheveux d’un blond pâle et de surprenants yeux pers qui la toisaient d’un air de reproche. – Tu peux sourire, ma vieille ! Personne ne sait qu’on est ici. Nos proches ne sauront jamais ce qui nous est arrivé. Moi, je refuse que ça se passe comme ça. Un morceau de feuille étalé sur sa paume, la détenue s’évertuait à écrire avec une rognure de crayon. Elle avait cru que le sourire de Violette lui était destiné. – Je pensais à autre chose, se défendit cette dernière. Que comptes-tu faire avec ce message ? – Le jeter par la fenêtre, tiens ! Quelqu’un finira bien par le ramasser et le faire parvenir à mon mari. Violette la considéra sans répondre. La voix de cette femme la troublait. Elle revoyait la cellule qu’elle avait quittée quelques heures plus tôt, avec ses étagères branlantes auxquelles elle s’agrippait pour atteindre la bouche de chaleur fixée au plafond et parler à la prisonnière du dessus. – Crissi ? hasarda-t-elle. Sa voisine la dévisagea avec étonnement, puis son expression s’éclaira.
– C’est toi, Violette ? Elle acquiesça, stupéfaite. Des mois durant, elle avait communiqué avec cette femme pour passer le temps, échanger des nouvelles, ne pas perdre l’esprit. Elles avaient même réussi à se transmettre de la nourriture et des petits objets, tels ce feuillet arraché d’un calepin et ce bout de crayon dont Crissi se servait à présent pour faire ses adieux. Quelque temps plus tôt, Violette avait découvert ces trésors sous le lit de sa cellule, et décidé de les partager avec sa compagne de malheur. Elle était persuadée que la voix rauque et nerveuse qui résonnait dans le tuyau de chauffage appartenait à une grande perche qui fumait cigarette sur cigarette quand elle partait en mission de reconnaissance pour son réseau. Or, Christiane, qui se faisait appeler Crissi, était plus petite qu’elle et ne devait pas peser plus de quarante kilos. – Je ne pensais pas qu’on finirait par se rencontrer, dit Violette. – La vie est pleine de surprises, ma chère, plaisanta Crissi. – Je le vois bien ! Mais en ce qui concerne ton message, j’ai peur que tu ne sois déçue. Les Allemands surveillent le train... – Ça vaut le coup d’essayer, non ? Crissi avait raison. Vouées à disparaître, elles n’avaient plus rien à perdre. Violette pensa à ses parents et à son frère. Depuis longtemps déjà, elle avait accepté l’idée de ne plus les revoir. Elle leur avait caché son engagement pour les protéger. Quand elle avait été arrêtée, ils avaient découvert qu’elle profitait de ses activités d’infirmière pour recueillir des renseignements sur l’ennemi. Ils savaient aussi qu’elle attendait la mort au fort de Romainville. Son dernier transfert étant tenu secret, ils ne connaîtraient jamais son véritable destin. L’idée de les laisser dans l’ignorance lui était insupportable. Elle glissa la main dans la ceinture de sa jupe : pressentant un nouveau transfert depuis quelques jours, elle avait eu la présence d’esprit d’y coincer son calepin. Les pages en étaient noircies de croquis. Des scènes de sa vie en prison, le visage d’une gardienne, les rats qui couraient dans sa cellule à la nuit tombée, mais aussi des paysages, des maisons, des souvenirs du monde libre qui l’émouvaient jusqu’aux larmes. Crissi émit un sifflement admiratif. – C’est toi qui as fait tout ça ? – J’ai toujours aimé dessiner. Violette parcourut rapidement le calepin, en quête d’un feuillet vierge. Il ne restait plus une seule place pour écrire un mot. La locomotive fumait de plus belle. Un
sifflement retentit sur le quai. L’heure du départ était venue. Crissi sortit un bout de papier de la doublure de sa veste. – C’est le dernier qui me reste, annonça-t-elle. Dépêche-toi. Violette plaqua le feuillet contre la paroi du wagon pour y tracer quelques lignes, de la mine émoussée de son crayon. Prière de prévenir M. et Mme Lecoq que leur fille a quitté le camp de Romainville pour une destination inconnue. Je les embrasse, ainsi que mon frère Jacques. Adieu. Merci au messager. Violette. Elle nota l’adresse de ses parents dans un coin et se hâta de plier le message. – Vite ! souffla Crissi en lui tendant le sien. Violette dut les rouler pour les glisser à travers le grillage de la fenêtre. Le train s’ébranlait dans d’affreux grincements d’essieux. Les bouts de papier oscillèrent un instant entre ses doigts, suspendus dans le vide. Elle vit passer une ombre sur le quai. Quelqu’un marchait près du wagon. Impossible de savoir s’il s’agissait d’un soldat ou d’un cheminot. Elle hésita, mais ses doigts, eux, avaient déjà choisi. Les messages disparurent de sa vue, emportant son espoir. Plus tard Violette ouvrit les yeux et regarda autour d’elle avec étonnement. Elle était persuadée que le train s’était arrêté, mais le plancher vibrait toujours sous ses pieds. Le rectangle pâle de la fenêtre se découpait près de sa tête. Un souffle d’air froid la réveilla tout à fait. Le jour se levait. Un de plus depuis que le convoi avait quitté la gare de Pantin. Elle en avait perdu le compte. Au tout début de leur périple, une de ses voisines avait fait remarquer que le train roulait vers l’est, à cause de la position du soleil le matin de leur départ. À un moment, il avait bifurqué vers le nord, mais elle n’en était pas sûre. Le voyage n’en finissait pas. Violette avait l’impression de vivre une agonie interminable. Les déportées n’avaient rien à boire ni à manger. Le train roulait lentement, s’arrêtait souvent, mais personne ne venait les ravitailler ni vider la tinette, cette grande cuve où elles faisaient leurs besoins. Une atroce puanteur s’était répandue dans le wagon. Violette avait fini par s’y accommoder. Elle ne la sentait même plus. Les douleurs
physiques engendrées par la faim et la soif s’étaient estompées, laissant place à une grande fatigue. Elle ne pouvait pas rester allongée car la place manquait. Il fallait s’organiser: certaines femmes restaient debout pendant que les autres se reposaient. Mais toutes devenaient si faibles qu’elles n’arrivaient plus à tenir sur leurs jambes. Plusieurs d’entre elles furent victimes de malaises. Violette ne put que s’accroupir à leurs côtés et les éventer de la main. Dans ce wagon, ses compétences d’infirmière ne lui servaient à rien. Elle n’avait pas d’eau, pas de compresses, rien pour soulager les souffrances de ses camarades. Debout ou assise, elle somnolait la plupart du temps, coincée entre la paroi du wagon et le dos de Crissi. Elle ne parlait plus. Elle n’en avait plus la force. Souvent, des rêves févreux l’emportaient auprès de ses parents. Elle les voyait lire son message, qu’une âme charitable avait déposé dans leur boîte aux lettres. Cela la rassurait et la remplissait de tristesse pour eux. Elle se réveillait alors, les yeux brûlés par les larmes. Alors qu’elle se débattait pour rester éveillée, elle sentit qu’on remuait contre elle. – Le train ralentit, annonça Crissi. Comme des dizaines de fois déjà, eut-elle envie de répondre. Mais les autres femmes s’étaient redressées, aux aguets. Elle perçut des voix, des ordres criés en allemand. Le train ralentit encore. Il pénétrait dans une gare. À peine se fut-il immobilisé que la porte du wagon s’ouvrit en grand. Un flot de soleil éblouit les prisonnières. – Raus ! Schnell ! ordonna une voix de femme. Dehors ! Vite ! Violette en éprouva presque du soulagement. Le terminus. La fin de l’agonie. Elle avait tenu pour affronter la mort en face, dignement. Les détenues situées près de la porte mettant du temps à réagir, les ordres fusèrent à nouveau. Puis des coups sourds, des gémissements, les aboiements d’un chien. Il fallait descendre, tout de suite. Ses jambes la portaient à peine, mais Violette se retrouva entraînée vers la porte et dégringola du marchepied. Sur le quai, un dobermann habillé d’un manteau gris marqué des initiales SS grondait, les babines retroussées. Des coups de fouet claquèrent, d’autres chiens aboyèrent. Aveuglée par la lumière, Violette distingua de hauts murs autour d’elles. Allait-on les fusiller là ? – Avancez ! cria une voix en français. Elles franchirent un grand portail et longèrent les baraquements d’un camp de prisonniers. Hurlant et agitant leurs fouets, des gardiennes SS les firent aligner sur une grande place, au centre du camp. Violette parvint à rester près de Crissi, à l’extrémité de la dernière rangée. Épuisées, quelques-unes de leurs camarades d’infortune voulurent
s’asseoir. Les gardiennes les forcèrent à rester debout. À leurs côtés, les chiens aboyaient toujours, la gueule dégoulinante de bave et les yeux fous. – Elles vont les lâcher sur nous, murmura Crissi. Violette secoua la tête. Elle était prête à affronter un peloton d’exécution la tête haute, mais pas à se faire déchiqueter. Les gardiennes les comptèrent, puis se rangèrent autour d’elles pour les observer. Qu’attendaient-elles ainsi ? Que les prisonnières finissent par s’écrouler de fatigue pour lâcher les chiens ? Malgré sa tête qui tournait et ses jambes qui flageolaient, Violette s’exhortait à tenir bon. Trois rangs devant, une femme s’effondra. Une gardienne se précipita sur elle, l’accablant de coups de fouet, sans résultat. Crissi saisit le bras de Violette. – Elle va la tuer ! Soudain, le fouet cessa de claquer. Des chocs mats lui succédèrent. Le cœur de Violette manqua un battement. La gardienne frappait la prisonnière à coups de pied. Des cris d’horreur, des supplications s’élevèrent autour de la victime et de son bourreau. Une autre gardienne déboula, le fouet à la main, et les protestations cessèrent. Quand le silence revint, Violette aperçut les jambes de leur camarade entre celles des femmes rangées devant elle. Elles étaient raides et ensanglantées. Crissi lâcha le bras de Violette et reprit sa place, hagarde. La gardienne qui s’était acharnée sur leur camarade avait repris sa tournée et elle marchait dans leur direction. Violette se tourna résolument vers elle. Elle voulait braver ce monstre qui venait d’achever à coups de botte un être humain, lui arracher son fouet et l’en frapper à son tour. Mais elle demeura immobile, presque paralysée, quand la gardienne s’arrêta devant elle. Un nuage de cheveux blonds encadrait son visage aux rondeurs enfantines, éclairé par une paire d’yeux d’un bleu éclatant. C’était une toute jeune femme, à peine sortie de l’adolescence, et elle lui souriait. Violette mit du temps à déceler la cruauté de ce sourire. La gardienne hurla un ordre en allemand, puis en français. – Baisse les yeux ! Le fouet cueillit Violette en travers de la poitrine. La douleur et le choc la propulsèrent en arrière. Dans un réflexe de survie, elle battit des bras pour ne pas tomber. Surtout, ne pas tomber. Elle savait qu’elle ne se relèverait pas. Elle crèverait, elle aussi, sous les coups de botte de cet ange de la mort. Et elle ne voulait pas mourir de cette manière, sans l’avoir décidé. Violette ne tomba pas. Elle reprit sa place, le souffle coupé et la poitrine en feu. Un autre coup viendrait, elle le pressentait. Il fallait qu’elle s’y prépare. Mais la gardienne avait tourné les talons. Un groupe de SS venait
d’apparaître sur la place, mené par un officier d’une trentaine d’années aux joues couvertes de taches de rousseur. Sûrement le commandant du camp. Il observa quelques instants les déportées en faisant tourner une petite baguette dans ses mains gantées de cuir, sans paraître remarquer le corps qui gisait sur le sol. – À la douche, mesdames ! leur cria-t-il en français. Les gardiennes reprirent aussitôt leurs cris et leurs invectives. Les prisonnières furent sommées de se mettre en rang, puis de s’orienter vers une grande baraque, située sur un côté de la place d’appel. Arrivée dans cette grande pièce aux murs blancs, Violette chercha les douches, mais il n’y en avait pas. D’autres gardiennes leur ordonnèrent de se déshabiller. Les femmes se regardèrent, incrédules. Se dénuder en public ? C’était assurément une plaisanterie. Les fouets claquèrent, encore une fois. Les déportées ôtèrent leurs vêtements, immédiatement confisqués par les gardiennes. Elles durent également se séparer de leurs bijoux et leurs accessoires à cheveux. Tandis que Crissi se résolvait à retirer son alliance sous le regard impitoyable des geôlières, Violette cherchait où cacher son calepin à dessins. Glissé dans sa culotte, peutêtre passerait-il inaperçu ? – Enlevez tout ! martelaient les gardiennes. Un coup de fouet, aussi douloureux qu’inattendu, mordit la cuisse de Violette. Le tissu déchiré de sa culotte laissa échapper les feuillets du calepin qui s’éparpillèrent sur le sol froid. L’autrice du coup de fouet les piétina avec un plaisir non dissimulé. Désormais, elles étaient complètement nues, grelottantes et meurtries. À côté de Violette se tenait une toute jeune fille qui avait ses règles. Pendant le trajet, une autre prisonnière lui avait confectionné un linge avec une paire de bas. À présent, le linge usagé était roulé en boule à ses pieds et le sang coulait le long de ses jambes. Violette chercha son regard pour l’encourager, mais elle gardait la tête baissée, rouge de honte. Les gardiennes les considéraient d’un air goguenard. Debout près de la porte, un officier SS plaisantait avec son ordonnance. Leurs rires s’attardèrent dans la pièce, obscènes. Violette se tourna vers Crissi. Les bras croisés devant elle, son amie cherchait vainement à se cacher des regards. La rondeur de son ventre sautait aux yeux. Elle était enceinte. – Crissi, murmura Violette. La jeune femme se tourna lentement vers elle. Son visage était d’une pâleur mortelle. – Mon mari ne l’a jamais su, chuchota-t-elle. Je l’ai découvert il y a quatre mois, juste après avoir été arrêtée.
Elle ne put poursuivre. Les gardiennes s’époumonaient, les menaçaient encore de leurs fouets. Elles devaient bouger, suivre leurs camarades dans la pièce voisine, une salle d’eau où la douche promise s’avéra être une agressive désinfection au formol. À peine séchées, on les poussa encore à avancer. Vers quoi ? D’autres humiliations, de nouvelles violences, des tortures ? Crissi était restée en arrière. Tout à coup, Violette la perdit de vue. Son amie avait disparu. Novembre 1943 Le camp était situé à une centaine de kilomètres au nord de Berlin et avait pour nom Ravensbrück. Les déportées l’apprirent des détenues allemandes chargées de leur apporter à manger dans le baraquement de quarantaine où on les avait parquées à leur arrivée. À force de les questionner, elles avaient fini par obtenir des réponses, lâchées toutefois du bout des lèvres. Violette, la seule du groupe à comprendre l’allemand, avait traduit pour les autres. Heinrich Himmler, le bras droit d’Hitler, avait créé ce camp non-mixte en 1938 pour enfermer des opposantes politiques et des prisonnières de guerre, mais aussi des témoins de Jéhovah, des Juives et des Tsiganes avec leurs enfants, toutes les populations jugées indignes de vivre dans le monde voulu par le chef du IIIe Reich. C’était un camp gigantesque, comptant des milliers de prisonnières de toutes nationalités, couplé avec une manufacture de textile et une usine de composants électriques ! Les nazis estimaient que les femmes disposaient de mains fines et






















